Mark SEURIALL
Un écrivain... un nouvelliste...
Un auteur : Mark SEURIALL

MAIS QUI ES-TU ?

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—Mark, pourrais-tu te présenter ?

—Me présenter ?

—Oui... Allons, un petit effort, s'il te plaît.

—Bon... Comme j'aime satisfaire aux demandes formulées avec tact, je vais faire un effort afin que ce dialogue ne se termine pas à son début.

—Tant mieux !

—Par quoi vais-je commencer ?

—Euh... Par ta naissance.

—Tu sais, quand je suis né, en 1958, je n'écrivais pas encore.

—Ah bon...

—Je sens mal la suite.

—Alors, je te laisse parler.

—Pour des raisons jusqu'à présent ignorées, dès que j'ai su lire et écrire, j'ai aimé tenir un stylo et du papier.

—Aucun événement déclencheur à l'adolescence ou à l'âge adulte, si je comprends bien.

—Tu comprends bien.

—Merci. Mais quand as-tu vraiment commencé à écrire ?

—Je ne sais pas exactement. J'ai retrouvé dans le fouillis de mes archives personnelles un livret de grand format fait à la main, dans lequel je raconte de façon romancée un Noël à la maison vers mes dix ans, avec de modestes illustrations de l'auteur, peintes ou collées, le tout recouvert d'un plastique mou transparent.

—Intéressant.

—Mouais... À la même époque, j'éditais un hebdomadaire d'infos et d'histoires en... un exemplaire, fait à la main. J'avais une abonnée... Quelques temps après, vers quatorze ou quinze ans, je remontais le journal d'une asso dont je faisais partie. Machine à écrire, stencils, duplicateur à encre, agrafeuse...

—Le bon vieux temps, quoi...

Râclement de gorge agacé.

—À cet âge, j'écrivais des romans policiers de mauvaise facture, que je ne terminais jamais, et des poèmes à la Hugo, que je terminais toujours, mais tout aussi passionnants que les précédents.

—Et qui ont été publiés ?

—Tu n'y penses pas ! D'ailleurs, j'ai très vite abandonné et les uns et les autres. Vers seize ans, je dévorais les romans d'aventure et les encyclopédies, lectures auxquelles je suis toujours resté fidèle. Et je rédigeais des articles d'un intérêt discutable.

—Ça continue toujours.

Silence pesant.

—Je plaisante.

—Passons. En fait, entre quatorze et vingt ans, j'ai été atteint par le virus de la presse. Je ne peux m'empêcher de pêcher l'info, d'écrire des articles, de faire des mises en page, même sans publication. C'est plus fort que moi.

—Grave... Tu ne cherches pas non plus à lutter contre ce virus, semble-t-il.

—Non, pas vraiment. Au contraire.

—Mais, dis-moi, tu me parles de journaux, de presse, d'articles. C'est bien, mais tu es nouvelliste, et on aimerait savoir quand tu as vraiment commencé à écrire des nouvelles et quand elles ont été publiées...

—En fait, j'avais écrit deux nouvelles vers vingt ans, qui ont été publiées dans une revue... sans lecteur.

—Bien !

—En 1981, je m'apprêtais à faire un voyage en Belgique et aux Pays-Bas. Les préparatifs de ce périple d'une semaine m'ont inspiré une nouvelle, Rechute, publiée ensuite plusieurs fois dans des revues et des recueils. Ce fut véritablement le départ de mon activité de nouvelliste.

—Et côté journalistique ?

—À vingt ans, je m'occupais d'un petit hebdomadaire.

—Qu'entends-tu par "m'occuper d'un hebdo" ?

—Je faisais de tout : écriture d'articles, réception et tri des infos, écriture de brèves, réception des articles des collaborateurs et des correspondants, saisie des articles à la machine, mise en page, gestion des abonnements et des ventes, comptabilité...

—Un peu de tout, en somme...

—Eh oui.

—Et ensuite ?

—Dans les années quatre-vingts et quatre-vingt-dix, j'ai occupé le poste de rédacteur en chef de trois revues et la direction de l'une d'elles. Et la réalisation complète de la publication interne d'une association. Et j'écrivais des articles pour plusieurs autres revues.

—Tu as également fait de la radio, me semble-t-il...

—Oui, j'ai participé aux émissions d'une radio libre en 1982-1983.

—Et tu n'as jamais fait de radio depuis ?

—Non... Ah, si ! Vers la fin des années quatre-ving-dix, j'ai collaboré, au sein d'une équipe, à la préparation d'émissions destinées à être diffusées sur une station.

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—Que faisais-tu quand tu étais à la radio ?

—Au début des radios libres, il fallait être polyvalent. Je participais à l'animation d'une émission sur les arts et la culture, je préparais et présentais les informations en collaboration avec deux autres personnes et, enfin, je faisais la technique d'émissions tardives.

—Derrière le "bocal" ?

—Dans le "bocal".

—Déjà nocturne...

—Couche-tard de longue date.

—Finalement, tu as fait de tout sans t'imposer dans rien.

—...

—Tu ne réponds rien ?

—Parce que c'était une question ?

À suivre...